Drogue : Les personnes âgées et isolées sont plus touchées

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À Saguenay, c’est la méthamphétamine la drogue la plus consommée d’après Émily Bouchard. (Crédit photo : Enzo Trouillet)

« En 2022, 72% des personnes hospitalisées pour une intoxication liée à l’utilisation d’opioïdes étaient âgées de 50 ans et plus. » Dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, les surdoses dues aux opioïdes ne sont pas inhérentes aux jeunes ou aux actifs, mais surtout aux aînés 

Ce constat glaçant, présenté par le CIUSSS dans son bilan sur les surdoses aux opioïdes et autres drogues dans la région de 2018 à 2022, révèle que les aînés sont en contact rapproché avec les drogues fortes. Selon ce même rapport, ce sont les femmes qui sont les plus touchées par le nombre d’hospitalisation pour surdose. Cette épidémie d’intoxication touche non seulement les travailleurs, mais aussi les retraités, et ce, de manière équivalente. Pour Émily Bouchard, la pandémie y est pour quelque chose. « On a connu une forte augmentation de la consommation. Avec la pandémie, l’isolement a touché beaucoup de personnes, et elles se sont réfugiées dans la drogue ». Cela entraîne une autre problématique : l’isolement en cas de surdose. Émily Bouchard appelle à la prudence. « Il faut consommer moins, un demi cachet par exemple, et surtout, le faire en n’étant pas seul. Et pour arrêter de consommer, il faut se faire accompagner. »

Pour la travailleuse de rue, bien que les personnes âgées soient particulièrement affectées par la drogue, tout le monde peut y succomber. « La consommation n’a pas de visage. Je reçois autant de jeunes de 21 ans que de personnes de 65 ans. Il y a aussi autant de personnes en situation d’itinérance que de chefs d’entreprise. »

Une mutation de la consommation

Loin des plaques tournantes majeures de la drogue dans le pays, les consommateurs de Saguenay opèrent différemment. « Tout le monde peut commander de la drogue sur internet, regrette la coordonnatrice au Service de rue de Chicoutimi, en passant par le dark web, les gens se font livrer du fentanyl depuis Vancouver par exemple. Sinon, plus localement, il existe des dealers de rue ». Mais la production de ces substances se fait ailleurs selon le porte-parole de la police de Saguenay, Luc Tardif, qui assure qu’« il n’y a pas de laboratoire sur le territoire de la ville. » Mais l’avis d’Emily Bouchard est différent. « Il n’existe pas de preuve que des laboratoires de production de drogue existent, mais au vu de la situation dans la région, il y en a forcément. »

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