Gaspillage : facteur aggravant de l’insécurité alimentaire ou problématique à part entière?

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À l’épicerie solidaire La Recette, les clients peuvent acheter la quantité de nourriture dont ils ont besoin. (Crédit photo : Enzo Trouillet)

En un an au Saguenay, 12 665 personnes ont reçu de l’aide pour subvenir à leurs besoins alimentaires. Mais alors que le prix des denrées augmente, le gaspillage, lui, ne semble pas connaître de baisse significative. Sans régler le problème de l’insécurité alimentaire, cesser de jeter la nourriture pourrait permettre de limiter le phénomène.

Pour lutter contre l’inflation, la recherche du meilleur prix est souvent nécessaire. Les champions dans le domaine sont les supermarchés qui vendent en grande quantité pour baisser mécaniquement le prix au poids. Mais plus le volume est élevé, plus le risque de gaspiller augmente. « Certains sont plus à l’aise de gaspiller s’ils paient moins cher. C’est certain que réduire ce gâchis peut être un facteur d’amélioration, mais c’est compliqué. On ne veut pas rendre les gens malades », note l’experte en conseil financier et membre de la Table de la sécurité alimentaire du Saguenay, Kim Gagnon. 

Pour l’agente de développement et communication de l’épicerie La Recette à Chicoutimi, Annie Jean-Lavoie, le gaspillage n’est pas réellement à prendre en compte. « Nous, ce qu’on voit, c’est que les gens n’ont pas assez de revenus pour gaspiller. C’est pour ça qu’on vend en petite quantité. On adapte aussi selon les besoins de chaque personne. Selon notre budget, on peut acheter un dollar de sucre. Ou si, au moment de Noël, on a besoin d’une cuillère de mélasse, et qu’on n’en mange pas le reste de l’année, on peut acheter seulement la quantité dont on a besoin. Ça évite le gaspillage et on peut en racheter le Noël suivant. »

Des solutions pour bien manger sans gaspiller

Afin de pouvoir à la fois éviter le gaspillage et l’insécurité alimentaire, plusieurs systèmes sont mis en place. C’est le cas à l’épicerie solidaire La Recette. « Depuis 2018, on a un espace vrac. Le client achète ce dont il a besoin, donc ça évite le gaspillage », décrit Annie Jean-Lavoie. Les cours de cuisine collective permettent aussi de pallier le problème des trop grandes quantités des supermarchés. « Les cuisines accueillent de plus en plus de monde. On partage les aliments qu’on apporte et on apprend à les cuisiner, ça permet de ne pas gâcher », se réjouit Kim Gagnon.

Mais même si ces aides permettent de réduire le gaspillage et l’insécurité alimentaire, ces deux problèmes distincts mais liés continuent de croître dans tous les pans de la société.

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