Politique : les jeunes plus impliqués qu’avant

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Les étudiants de la région ont manifesté en novembre dernier pour la rémunération des stages. Photo : Justin Vallée

Activité politique, manifestation, pétition. Les jeunes s’impliquent beaucoup plus dans les activités politiques non électorales, selon Statistique Québec. Une tendance qui ne s’est pas transmise aux périodes électorales.

Selon l’institut de la statistique du Québec, 79% des personnes entre 15 et 34 ans ont participé à au moins une activité politique en 2020. Cela représente une hausse de 15% depuis 2013. Pour la membre du Club politique au Cégep de Jonquière, Juliette Beaulieu, s’impliquer dans le milieu politique est devenu une nécessité. « Nous, les jeunes, on représente l’avenir. On n’a pas le choix d’être actif en environnement et en économie, puisque c’est ce qui va nous impacter directement dans le futur », a-t-elle mentionné.

Contrairement aux autres groupes d’âge, les 15 à 34 ans s’y prennent différemment pour avoir un impact en politique. Sans équivoque, ils sont le groupe d’âge qui participe le plus à des manifestations ou des marches de protestation. « Manifester, c’est le meilleur moyen pour laisser savoir au gouvernement les changements qu’on veut », a déclaré le président de l’Association Générale des Étudiants du Cégep de Chicoutimi Jacob Parisée.

Les données recueillies par Statistique Québec démontrent également que les 15 à 34 ans sont le groupe d’âge qui exprime le plus ses opinions politiques et sociales tant sur internet que sur leur habillement (macaron, chandails, etc.).

Les jeunes assistent très peu à des réunions publiques et des activités de bénévolat pour un parti politique. Photo : Institut de la statistique du Québec

Un intérêt qui se perd pendant les campagnes électorales

Si les jeunes demandent plus de changements et revendiquent plus dans leur milieu, les campagnes électorales ne rejoignent toujours pas les jeunes. « Il y a des élections qui arrivent bientôt au Canada. Ça doit être une des affaires qui m’intéresse le moins. Chaque parti lance plein de promesses qui ne vont jamais voir le jour », mentionne Juliette Beaulieu.

La jeune collégienne n’est pas la seule à avoir la même opinion des élections. C’est près de 60% des jeunes qui ont voté aux dernières élections qui l’ont fait, parce qu’ils se sentaient obligés. Seulement 23% l’ont fait pour faire une différence.

« La réalité de nos jours, ce n’est pas qu’ils se désintéressent de la politique. Au contraire, ils s’impliquent beaucoup, mais la plupart ne s’attachent pas à un parti politique », explique le professeur en science politique à l’Université Laval, Jérôme Couture.

Un vent de jeunesse en politique

Selon M. Couture, la classe politique est consciente du pont à réparer entre les jeunes et les gouvernements. « Le nouveau comité jeunesse créé par Yannick Gagnon en est un bon exemple. Le futur des démocraties c’est eux, donc ils font plusieurs efforts pour les intéresser », a-t-il expliqué.

Dans les dernières années, plusieurs associations politiques pour les jeunes ont été créées dans la province. Les jeunes candidats ont aussi augmenté considérablement. En 2022, 23% des candidats du Parti québécois (PQ) avaient 30 ans ou moins. Québec solidaire (QS) suivait de près avec 21% de ses candidats.

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