Le parent (pas si) pauvre de l’information

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« Sommes-nous le New York Times ou bien la CBC? Bien sûr que non. Cependant, à l’échelle de nos moyens, je trouve que les médias québécois font un travail raisonnable pour couvrir l’information étrangère », explique le directeur principal de l’information à La Presse, Jean-François Bégin. Photo : Martin Chamberland, La Presse 

 

Le monde médiatique vit des temps financiers précaires, alors qu’une panoplie de médias régionaux se voient forcer d’abolir des postes. Au détriment des régions qui en arrachent, l’information internationale couverte d’un regard québécois ne serait toutefois pas en si mauvaise posture.

Cédric Bérubé

« Il y a une résurgence de notre investissement dans l’international. J’ai des projets de reportages aux quatre coins du monde. À défaut d’avoir les moyens nécessaires pour envoyer des correspondants en permanence, nous sommes capables d’envoyer des journalistes aux endroits qui intéresseront nos lecteurs », explique le directeur principal de l’information à La Presse, Jean-François Bégin.  

En 2018, par crainte que les revenus des médias soient à la baisse, le co-fondateur du Fonds québécois en journalisme international, Guillaume Lavallée, a mis sur pied un fond entièrement voué à la couverture transnationale. « Le Fonds québécois en journalisme international vise à couvrir la dépense brute d’un reportage. On ne paye pas de salaire, cependant on couvre les dépenses de reportage, ce qui impose aux médias qui disent croire à l’information internationale de sortir, ceux qui se portent volontaires, du pays.»

L’organisation sans but lucratif est entièrement financée grâce aux dons du public. Un dollar déboursé équivaut à 93 sous accordés à un journaliste pour une couverture étrangère. Cette transparence incite les journalistes à soumettre leurs projets, et séduit les donateurs, puisque les deux ont le même objectif : préserver un regard québécois face au monde. « Dans les derniers mois, nous avons noté une recrudescence phénoménale du nombre d’applications de dossiers soumis aux fonds par des journalistes, ce qui nous mélange, puisque nous ne savons pas si c’est la crise médiatique qui s’exacerbe ou bien le fond qui se popularise! » 

« Ajouter des couches à la couverture internationale », dit Lavallée

L’information internationale figure souvent au cœur des trois sujets de l’heure couverts par les médias, toutefois, ceux-ci achètent souvent leur contenu par l’entremise des agences de presse. Questionné sur l’importance des agences, Jean-François Bégin n’a pas nié leur force, il a plutôt souligné qu’un Québécois est mieux placé pour vulgariser des enjeux internationaux au public d’ici. « Allons à Vienne pour voir comment eux abordent l’itinérance, pour ensuite la comparer à la gestion de Montréal. L’international perçu d’un regard québécois permet de ramener des sujets étrangers au cœur du débat public familier. »

La couverture internationale sera éternellement une sphère journalistique coûteuse, cependant, avec un public mordu de contenu de ce genre, ainsi que des solutions pragmatiques, les patrons de médias québécois seront dans l’obligation de livrer le contenu désiré par leur lectorat : de la couverture internationale, expliquée par un Québécois.

 

 

 

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