Réunis en colloque : les retraités de Rio Tinto mécontents

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Plusieurs conférences ont été organisées mardi à l’Hôtel Delta de Jonquière. L’économiste Marc-Urbain Proulx, l’ancien député Denis Trottier et le sociologue Robert Laplante ont entre autres pris la parole. Photo : Alice Méthot

Le parti politique Climat Québec et l’Association des retraités syndiqués de Rio Tinto Alcan (ARS-RTA) s’associent dans le cadre du Colloque sur les 100 ans de la présence de l’industrie de l’aluminium au Saguenay-Lac-Saint-Jean (SLSJ) tenu mardi. Les membres de L’ART-RTA soulignent que les retombées économiques dans la région ne sont pas celles promises par la multinationale.

« Rio Tinto Alcan paie peu de taxes et d’impôts. Au total, RTA paie 400 millions d’impôts partout dans le monde. Seulement 4 % sont payés au Québec, alors qu’on produit 49 % de l’aluminium. Rio Tinto Alcan siphonne la région de ses ressources et les retombées économiques ne sont pas là », affirme le responsable technologique et du recrutement de l’ART-RTA, Michel Potvin.

L’entreprise a reçu plusieurs privilèges des gouvernements en 100 ans. « Ils ont gardé leurs propres barrages d’hydroélectricité lors de la nationalisation en contrepartie d’emplois. Ils sont passés de 12 000 à 2 700 [emplois] aujourd’hui », mentionne la cheffe de Climat Québec et ancienne ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet.

Les nouvelles technologies comme les cuves AP60 et Elysis vont également contribuer à de nombreuses pertes d’emplois. « Il faudrait qu’il y ait des redevances pour les pertes d’emplois dans la région. Les employés, c’est des revenus pour le SLSJ », soutient Michel Potvin.

Un projet de loi alarmant

Le projet de loi 69 de privatisation de l’électricité amène une crainte dans la région. « On sait très bien que c’est plus payant pour RTA de vendre de l’électricité que de faire de l’aluminium. La loi rendrait ça légal. C’est très inquiétant pour le futur, redoute l’ancienne ministre péquiste. […]  Rio Tinto a des gros projets éoliens, dont un parc de 700 à 1000 mégawatts 100 % privé. C’est René Lévesque et Jean Lesage qui doivent se retourner dans leur tombe. »

Selon Martine Ouellet, le seul moyen de conserver l’industrie de l’aluminium au Saguenay-Lac-Saint-Jean dans le futur, est d’obliger la multinationale à faire la transformation de son aluminium ici même.

Les ressources naturelles exploitées par Rio Tinto

L’Association des retraités demande à la multinationale une meilleure gestion des ressources naturelles afin que les retombées profitent à la région. L’ART-RTA souhaite faire une coalition avec plusieurs organismes et groupes environnementaux de la province afin de défendre les ressources du Saguenay-Lac-Saint-Jean.  « Rio Tinto est extrêmement avantagé par ses barrages qui ne sont pas nationalisés.  L’entreprise empoche des centaines de millions de dollars par année », dénonce le membre soutien de l’ART-RTA, Alain Proulx.

Le membre soutien de l’ART-RTA, Alain Proulx estime que les profits de Rio Tinto devraient entre autres servir à donner une indexation annuelle et garantie qui suit l’inflation aux retraités. Photo : Alice Méthot

La cheffe de Climat Québec est persuadée qu’il y a des alternatives et des solutions. « Ça prend une volonté politique. La seule force de Rio Tinto c’est la faiblesse des élus en face de lui. […] On est prêt à rencontrer les dirigeants d’Alcan, mais malheureusement ils ne sont pas présents aujourd’hui. »

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