Une pionnière du flag-football féminin parmi les hommes

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Une quarantaine de joueuses étaient présentes lors du lancement de la première ligue de flag-football féminin civile à Saguenay l’été dernier. (Photo courtoisie – page Facebook Flag Football Saguenay)

Impatiente de voir revenir le flag-football féminin en mai prochain, Eau-phélie Tremblay n’a pas su attendre. Elle a choisi d’enfiler ses crampons pour rejoindre l’équipe masculine des Goated, avec laquelle elle dispute des matchs les vendredis soirs au stade intérieur de Jonquière.

L’été dernier, la première ligue féminine de flag-football a vu le jour au Saguenay et a connu un succès remarquable, marquant ainsi un pas important dans l’enracinement du flag-football féminin dans la région. Cependant, cet hiver, en raison d’un manque de disponibilités au stade intérieur de Saguenay, la ligue féminine n’a pas pu poursuivre ses activités.

« On aurait bien aimé relancer cette ligue-là à l’hiver car elle a très bien marché, et nous avons déjà six équipes féminines qui se sont inscrites pour la saison d’été 2025», affirme le président de Flag football Saguenay, Guillaume Simard.

Pour Eau-phélie Tremblay, 19 ans, l’interruption de la ligue féminine de flag-football durant l’hiver n’a pas été un obstacle à sa passion pour ce sport. Elle est l’une des seules à avoir eu le courage de rejoindre une équipe masculine.

Le flag-football a permis à Eau-phélie Tremblay de se dépasser et de gagner en confiance sur le terrain. (Photo : Etienne Cazassus/ LaPige)

« La première fois que j’ai mis les pieds sur le terrain, c’est sûr qu’eux [les garçons ] avaient déjà tous joué au football américain, alors que moi, je n’avais jamais vraiment eu de pratique. Les garçons m’ont guidée, parce qu’au début, je me demandais vraiment ce que je faisais là », affirme la joueuse de 19 ans.

Dans cette version du jeu, le football se joue à cinq contre cinq et sans contact, favorisant ainsi une meilleure intégration pour les filles, que le football américain classique.

« L’intégration des filles dans les équipes masculines permet à celles qui veulent jouer et apprendre le flag-football de s’initier rapidement. Ainsi, lors du lancement de la ligue féminine en mai, il y aura déjà plus de joueuses prêtes à s’engager », affirme Guillaume Simard.

Bien qu’Eau-phélie soit pleinement intégrée dans sa propre équipe, lors des confrontations, certains adversaires la regardent de travers ou font des remarques sur sa présence. Pourtant, elle n’y prête pas attention et cela la motive même à se dépasser.

« Moi, ça ne me dérange pas, je laisse passer et je ne m’arrête pas à ça. Mais justement, quand je marque, il m’arrive de les taquiner en disant : « Eh bien voilà, vous venez de vous faire battre par une fille ! », affirme-t-elle en rigolant.

« En général l’intégration se passe très bien que tu sois une fille ou un gars au bout de la ligne si tu joues bien, c’est ce qui compte », ajoute-t-elle.

Animée par une passion pour le football depuis son plus jeune âge, Eau-phélie Tremblay a enfin trouvé l’occasion de la mettre en avant dans sa région où le flag-football féminin n’était pas développé lorsqu’elle était enfant.

« Depuis le secondaire, je trouve que le football est vraiment un beau sport, mais pour les filles, il n’y a pas vraiment d’opportunités. Alors, le flag-football s’est révélé être une belle alternative. Probablement que s’il y avait eu des ligues de filles quand j’avais 7-8 ans, j’aurais commencé beaucoup plus jeune », confie la jeune joueuse.

Un sport en pleine montée de popularité partout dans la province.

La demande envers le flag football féminin est forte et grandissante dans la région et partout au Québec, selon le Directeur du secteur collégial de la RSEQ, Benoît Carrière.

« Le nombre d’équipes de flag football féminin a augmenté graduellement dans les dernières années. C’est devenu l’un des sports les plus pratiqués en termes de nombre d’équipes », déclare-t-il.

Un sport en vogue qui bénéficie d’une exposition médiatique grandissante. En effet, la NFL explore la possibilité de mettre en place une ligue professionnelle féminine de flag football.  Elle a même diffusé une publicité lors de la mi-temps du Super Bowl pour promouvoir le flag football féminin. Par ailleurs, il sera également présent aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028.

« Il y a beaucoup de développement au niveau féminin. Pour celles qui ont des ambitions d’atteindre un niveau professionnel, la porte est grande ouverte. Rien que ces annonces permettent d’attirer de nouvelles joueuses », affirme le président de Flag football Saguenay.

Le flag football féminin en est encore à ses débuts dans la région, mais ce sport pourrait bien susciter l’intérêt du secteur collégial.

« Nous avons entamé des discussions avec les cégeps et l’université de la région en vue de lancer une ligue de flag football féminin, dès l’automne 2025. Celle-ci pourrait être intrarégionale et inclure les deux cégeps, l’université, et peut-être même le Collège d’Alma », affirme Guillaume Simard.

Un engouement qui gagne également les universités québécoises, puisque cette semaine, à Drummondville, les responsables sportifs de sept établissements se réuniront pour statuer sur la reconnaissance du flag-football féminin.

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