Dons de plasma : des superhéros méconnus

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Adèle Belley vient tout juste d’avoir 18 ans.
(Photo : Morgane Busson) 

Et si une heure de votre temps pouvait tout changer ? Pour les donneurs de plasma, ce geste est peut-être devenu une habitude, mais pour les employés et les receveurs d’Héma-Québec, c’est un acte salvateur. 

Conseillère en recrutement de donneurs au centre de dons Héma-Québec, Émilie Morneau Guérin, à Chicoutimi, est bien placée pour en parler. Les dons de plasma ont permis à son nourrisson, Élie, de survivre à la maladie de Kawasaki. 

Il s’agit d’une maladie infantile où l’enfant est touché à la fois par une bactérie et un virus. Elle est rare et encore peu comprise par les médecins. Selon la Fondation En Cœur, chaque année,, 15 enfants sur 100 000 sont touchés au Québec, et plus la maladie apparait quand l’enfant est jeune, plus il peut avoir de complications. Élie l’a contractée à trois mois. 

Un souvenir gravé dans sa mémoire 

Émilie s’en souviendra toute sa vie. Elle explique que son nourrisson s’est mis à avoir de la fièvre, et ça ne partait pas. Avec son conjoint, ils ont fini par l’emmener aux urgences. « Les médecins ne comprenaient pas ce qui se passait, ils lui donnaient des doses médicamenteuses de plus en plus grosses ». La maman explique que les symptômes sont apparus au fur et à mesure : « Heure par heure, la langue enflait. Sa bouche ne pouvait plus fermer. Ses yeux sont devenus rouges, et puis il avait des plaques partout » 

Après une semaine, les médecins finissent par poser un diagnostic : Élie est atteint de la maladie de Kawasaki, et il doit être transporté à l’hôpital de Sainte-Justine à Montréal. Les médecins ont expliqué à la jeune maman que la seule façon de sauver Élie était de l’envoyer à Montréal, et qu’il était nécessaire de lui injecter des immunoglobulines, pas demain, pas dans trois jours. Maintenant. 

Il a fallu transfuser l’enfant avec deux sacs d’immunoglobulines pour qu’il survive au transport jusqu’à Montréal. 

Pour obtenir ces 2 sacs d’immunoglobulines, il a fallu 400 dons de plasma, 200 par sacs.
« Elles allaient juste faire un don, mais ces 400 personnes-là, elles ont des capes de superhéros dans notre vie et on ne pourra jamais les remercier », confie Émilie avec émotion. 

Aujourd’hui, Élie a 11 ans et veille sur ses trois petits frères. Il restera cependant cardiaque toute sa vie.

Après être rempli, le sac de plasma est analysé, congelé, puis envoyé en Suisse pour fabriquer des médicaments.
(Photo : Morgane Busson) 

Une tradition 

Les raisons qui poussent les gens à donner sont multiples. 

Si Adèle Belley est venue donner pour la première fois son plasma ce jour-là, c’est pour continuer la coutume de son défunt père. « Il venait ici chaque vendredi et il me disait à quel point c’était important », confie-t-elle. D’après elle, ce premier don est gratifiant, et elle compte revenir en faire. « Ça fait un peu mal, mais sérieux c’est  pas si pire », ajoute-t-elle. 

Juste à côté d’elle est allongé Jacques Girard, un soixantenaire habitué aux dons. Ce matin-là, il en est à son 370ème. « Si ça payait je donnerais même pas, mais vu que c’est gratuit je donne », assure-t-il, pragmatique. Il confie que toutes ses petites-filles craignent les piqures, alors il se sent responsable de donner du plasma à leur place. 

 

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