La construction conventionnelle se dirige-t-elle vers le modulaire?

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Les travailleurs passent moins de temps en hauteur pour une construction modulaire ce qui réduit les risques d’accident.. (Photo : courtoisie)

La fabrication de bâtiments préfabriqués et modulaires est de plus en plus prisée dans le monde de la construction. Cette technique gagne en popularité, mais certaines compagnies utilisent tout de même la construction conventionnelle.

La fabrication de bâtiments préfabriquées et modulaires consiste à construire des maisons ou des immeubles en usine, avant de les monter sur le site de construction. C’est toute la structure en bois, donc les murs et le toit, qui sont préfabriqués. Une fois sur le chantier, il ne reste que le revêtement extérieur et l’intérieur de l’immeuble à finaliser et le tour est joué.

Puisque les équipes de construction ne sont présentes que sur le chantier, moins de travailleurs sont nécessaires pour finaliser la fabrication. En plus de gagner beaucoup de temps sur le chantier, la fabrication modulaire permettrait d’amoindrir le manque de main d’œuvre.

Contremaître chez PRO-FAB, Alain Perreault explique que « quand c’est une [construction] conventionnelle, ça va durer un mois et demi, deux mois avant que la maison ne soit finie. Tu arrives avec une modulaire, [ça prendra] trois semaines ». Ce sont aussi de plus petites équipes de travailleurs qui sont mobilisées sur chaque chantier.

Beaucoup d’avantages pour la construction modulaire

Dans le monde de la construction, plusieurs normes doivent être respectées pour qu’une fabrication soit durable et sécuritaire. Non seulement la fabrication modulaire respecte ces normes, mais, en plus, elle va au-delà de celles-ci dans le but d’avoir une plus grande durabilité encore.

Pour y parvenir, plusieurs professionnels s’assurent du respect des normes, comme l’isolation sonore, la résistance au feu et la stabilité du bâtiment. En usine, ingénieurs, architectes et inspecteurs sont mandatés pour vérifier le tout.

Le transport des modules doit également être pris en compte puisqu’ils ne peuvent être endommagés une fois rendus sur place. « [La maison] part carrée, il faut qu’elle arrive carrée », mentionne Alain Perreault.

De plus, les mauvaises surprises liées à la température sont évitées puisque tout est construit au sec, à l’intérieur. Le propriétaire d’immeubles préfabriqués, Richard Potvin, précise que « ça n’a pas le temps de voir l’eau, ce n’est pas une semaine à la pluie. » Le risque de retrouver des champignons dans les murs est donc moins élevé.

Le contremaître, Alain Perreault, travaille chez PRO-FAB, compagnie en activité depuis 35 ans. (Photo : Félix Laberge)

Moins cher à construire, mais pas moins cher à habiter

Le préfabriqué est moins cher à produire puisque les salaires en usine sont moins élevés que ceux de la construction. Le coût des matériaux est également légèrement moins dispendieux, car l’usine achète ses produits en vrac.

Cependant, les prix des loyers ne sont pas influencés par les coûts moins élevés de la construction modulaire. « Il faut suivre le marché quand même », rappelle le propriétaire. Les paramètres et les critères des coûts des loyers restent les mêmes, malgré tout.

Le propriétaire, Richard Potvin, mentionne qu’une fois la construction modulaire essayée, ça ne donne pas envie de retourner à la traditionnelle. (Photo : Félix Laberge)

La construction traditionnelle en péril?

Certaines compagnies de construction traditionnelle, touchées par le manque de main-d’œuvre, commencent à faire un pas vers la construction préfabriquée. C’est notamment le cas chez Adrien Desbiens & fils Construction.

« C’est sûr qu’on a quelques éléments qui sont préfabriqués, comme les murs », révèle le technicien en architecture et estimateur de la compagnie, Jean-Marc Chabot. Il reconnaît également que le préfabriqué pourrait contrer le manque de main-d’œuvre.

Selon un article de La Presse Canadienne consacré à cette industrie, le directeur général de l’Association canadienne des constructeurs d’habitations, Kevin Lee, souligne qu’ «une grande partie du défi lié à l’intensification de la construction modulaire réside dans le fait que le démarrage d’une usine coûte cher et qu’il faut une demande constante pour payer tous les coûts fixes. Cela ne cadre pas bien avec les aléas du marché immobilier canadien». Bref, le changement complet n’est pas pour demain matin.

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