Les adolescents du Québec manquent de modèles

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Les youtubeurs français connaissent un succès impressionnant chez les jeunes adolescents québécois.

(Photo: Nathan Flageol)

Depuis la fermeture de chaînes jeunesse importantes, les émissions pour jeune public se font de plus en plus rares et privent les adolescents de personnages qui leur ressemblent.  Le manque de modèles adaptés à leur âge les force à se tourner vers d’autres types de contenu qui influencent négativement leurs comportements.

Le dernier rapport annuel du Fonds des médias du Canada publié en septembre dernier révèle que, dans les cinq dernières années, le nombre d’heures d’écoute à la télévision traditionnelle a diminué de 43 % chez les 18 ans et moins.
Selon le professeur au département des sciences de l’éducation à l’UQAC, Loïc Pulido, le vide le plus important touche les adolescents de 10 à 14 ans. Au Québec, il n’y a pratiquement aucune émission conçue pour cette tranche d’âge, ce qui les force à regarder des émissions pour les plus jeunes ou pour les plus âgés. En conséquence, M. Pulido explique qu’un jeune qui est confronté trop tôt à certains types de contenu pourrait reproduire certains comportements dans son quotidien.

« Les enfants qui regardent la télévision seuls apprennent des choses sur la manière dont on interagit les uns avec les autres. S’ils sont exposés par exemple à des relations violentes, ils auront tendance à reproduire des relations violentes dans leur environnement », explique le professeur.

Une activité qui se doit d’être familiale


Selon M. Pulido, pe
u importe l’âge de l’enfant ou de l’adolescent, regarder la télévision n’est jamais une activité à faire seul. Même chez les adultes, le cerveau n’est jamais tout à fait équipé pour comprendre tout ce qui se passe à l’écran.

Bluey, le petit chien australien, est un coup de cœur pour plusieurs parents de tout-petits.
(Photo : Catherine Beauchemin)

Par exemple, toujours selon Loïc Pulido, un adolescent qui regardent Occupation Double avec ses parents pour répondre à ses questions pourrait voir sa curiosité satisfaite d’une manière appropriée pour son âge. Malheureusement, ce n’est généralement pas ce qui se passe dans les foyers québécois.

« Ce qu’on entend plus souvent, c’est que les enfants, ils regardent ça seuls ou sans en parler, et donc ils se retrouvent avec un tas de choses à gérer pour lesquelles ils ne sont pas encore outillés et pour lesquelles ils n’ont pas nécessairement le recul nécessaire », développe M. Pulido.

TikTok et YouTube, vainqueurs chez les adolescents

Plusieurs adolescents qui ne trouvent pas leur compte dans les chaînes traditionnelles vont préférer se tourner vers les réseaux sociaux comme TikTok ou encore YouTube. C’est le cas de Nathan Flageol. Du haut de ses 15 ans, il dit trouver les émissions à la télévision peu captivantes pour les jeunes de son âge. Il préfère largement écouter des vidéos YouTube, souvent plus courtes, qui l’intéressent davantage.

De son côté, Éloi Leblond, 13 ans, trouve, lui aussi, qu’il y a peu de choix qui rejoignent ses intérêts. Il adore l’émission Les chanteurs masqués, présentée à TVA, mais c’est presque tout. Il préfère jouer aux jeux vidéo avec ses amis ou encore jouer au hockey. « S’il y en avait un peu plus sur le sport, peut-être que ça me tenterait plus d’en écouter », raconte Éloi.

Pour lutter contre le problème, Radio-Canada lancera deux plateformes jeunesse dans le but d’offrir plus d’options aux parents.

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