Le diplôme d’études : une nécessité financière

L’enseignant-chercheur Mickaël Gaudreault a présenté son étude lors de diverses conférences dans plusieurs régions du Québec. (Photo: Félix Laberge)
Une récente étude sur la nécessité des diplômes scolaires a démontré que le taux d’employabilité augmente selon le niveau académique. En 2021, 86 % des personnes ayant un baccalauréat occupaient un emploi salarié, contre seulement 55 % de ceux sans diplôme.
Les recherches réalisées par le Centre ÉCOBES du Cégep de Jonquière se sont basées sur le recensement de l’Institut de la statistique du Québec. Celles-ci ont de nouveau permis de mettre en évidence que les Québécois bénéficieraient de poursuivre leurs études au-delà du secondaire. Les employeurs priorisent les candidats plus « éduqués ».
Il faut d’abord savoir que l’étude a été effectuée auprès des Québécois âgés de 25 et 64 ans. Peu importe la région de la province, le Centre ÉCOBES constate que les statistiques restent semblables.
La réalité des personnes sans diplôme est bien plus compliquée qu’elle ne le paraît. Contrairement à certaines tendances observables chez ceux qui gagnent leur vie en travaillant avec un horaire atypique dans le Nord-du-Québec, ce sont des exceptions. Elles gagneront, en moyenne, 1,8 million $ au cours de leur vie. Celles ayant un baccalauréat en poche encaissent presque le double, soit 3,2 millions $.
« C’est sûr qu’avoir un diplôme te donne plus de mobilité. Ça te permet aussi de t’ajuster si le marché de l’emploi change, mentionne l’enseignant-chercheur du Cégep de Jonquière, Mickaël Gaudreault. Si, un jour, il y a plus d’automatisation avec l’intelligence artificielle, tu es capable de t’adapter plus facilement en travaillant dans un domaine connexe. »
Une enquête significative
Les données sont d’autant plus révélatrices que, selon un sondage de la firme Léger, 40 % des adultes de 18 et 24 ans pensent qu’ils peuvent bien vivre sans obtenir leur diplôme d’études secondaires. Même que dans certains cas, les jeunes adultes hésitent à continuer leur parcours académique après la cinquième année du secondaire, en partie en raison des frais associés assez élevés.
« C’est surtout lorsque ça implique de quitter la région. Lorsqu’on doit aller dans les grands centres, Québec, Montréal et compagnie, la contrainte financière est plus présente », explique le conseiller d’orientation du Cégep de Jonquière, Alexandre Beauchamp.
M. Beauchamp constate que beaucoup d’étudiants ont la « maturité vocationnelle » de réfléchir à leur carrière plus loin que le salaire. Il affirme que les étudiants sont conscients des avantages financiers de poursuivre leur parcours éducatif et qu’il ne voit pas de relâchement particulier.
Une disparité encore présente entre les sexes
Les statistiques présentées par le Centre ÉCOBES indiquent également un écart dans le taux d’emploi chez les hommes et chez les femmes. En effet, 63 % des hommes ont un travail rémunéré, contre 46 % des femmes. L’écart peut s’expliquer, entre autres, par le travail physique des ouvriers, pour lequel les femmes ont généralement moins d’intérêt à postuler.
Cette disparité s’efface lorsque le baccalauréat est obtenu, puisque près de 83 % des adultes sondés sont employés. « Ça prend le bac. Pour une femme, aller aux études est un peu vital », déclare M. Gaudreault.
Le Centre ÉCOBES réalisera une seconde étude du même genre avec les données qui seront recueillies en 2026.







