Cannabis : « J’avais tellement envie de la sauver et de l’aider, mais elle ne voulait pas décrocher »

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La Société québécoise du cannabis (SQDC) appelle à une consommation responsable sur son site internet. (Photo : Clarisse Menand)

« Je me réveillais et la première chose que je faisais, c’était fumer ». Jay Rise a été dépendant au cannabis de 15 à 18 ans. Comme lui, de nombreux jeunes deviennent inconsciemment dépendants à cette drogue.

Comme de nombreuses drogues, le cannabis est une substance appelée psychoactive. Une fois absorbée dans l’organisme, elle modifie une ou plusieurs fonctions du corps et du système nerveux central, comme l’humeur, le comportement ou les sensations physiques.

« J’avais du mal à me concentrer. J’avais la sensation de cellules manquantes, se souviens, Jay Prise, 21 ans. Je pouvais fumer jusqu’à 36 grammes par semaine. Ma consommation excessive a entraîné ma déscolarisation. »

Les effets sont différents chez chaque individu. Ils affectent de manière significative la vie sociale des personnes dépendantes.

Une dame qui a accueilli une jeune de 14 ans en famille d’accueil se remémore ; « elle s’enfermait beaucoup dans sa chambre et manquait de l’école constamment. Elle était en retard académiquement. À 14 ans, elle était encore en secondaire 2, alors qu’elle aurait dû être en secondaire 4 », développe la femme d’Alma qui souhaite garder l’anonymat.

Consommer à tout prix

« Tu as 15 ans, tu veux fumer, mais tu n’as pas de travail. Tu vas rentrer dans un schéma répétitif ; tu vas trouver quelqu’un qui va te donner du cannabis, tu vas le vendre, pour pouvoir acheter le tien et le consommer et ainsi de suite », évoque un Saguenéen de 32 ans. L’adolescent qu’il était, devait donc se procurer de la marijuana de manière illégale.

À cette époque, fumer est pour lui une échappatoire ; « je vivais beaucoup de choses assez noires. J’étais poigné dans un rictus familial terrible et à l’école ça n’allait pas non plus. Je fumais pour me sauver de mes problèmes ».

« La mère biologique fournissait du cannabis à sa fille lorsqu’elle était chez nous. Elle nous a même volé de l’argent pour payer sa consommation », confie la responsable de la famille d’accueil. Celle-ci affirme que l’adolescente reproduisait ce que sa génitrice faisait. « C’était du mimétisme. J’ai cinq enfants et aucun ne fume parce qu’ils n’ont pas cet exemple », ajoute-t-elle.

En 2024, environ 18 % des personnes de 15 ans et plus ont consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois, selon Statistiques Québec. (Photo : Clarisse Menand)

Se faire aider pour arrêter

Après avoir connu la rue à cause de la drogue, Jay Prise a un déclic et fait des démarches pour entamer une thérapie. « J’ai appelé la Maison Nouvelle Vie à Saint-Joseph de Ham sud. Et j’ai entrepris une thérapie fermée de 90 jours sans autorisation de sortie selon les 12 étapes traditionnelles », confirme le jeune homme. Ce programme de thérapie lui a permis de guérir son addiction et d’en ressortir changé : « Je me rappelle, au bout des 90 jours, j’étais fier de moi, je me sentais libéré et léger », ajoute Jay Prise qui maintenant ne fume plus. Alors que la consommation de cannabis était à l’origine de son décrochage scolaire, il est aujourd’hui en attente pour faire un diplôme en mécanique et travaille dans une usine agroalimentaire.

« J’avais tellement envie de la sauver et de l’aider, mais elle ne voulait pas décrocher », se désole la responsable de famille d’accueil. Après avoir côtoyé plusieurs personnes dépendantes au cannabis, la cinquantenaire voit cette drogue comme dévastatrice.

Le Saguenéen de 32 ans, a su, tout seul, réduire sa consommation aux fils des années et fume désormais en ayant conscience des effets d’un excès.

Une enquête de l’Institut de la statistique du Québec révèle qu’en 2025, moins d’une personne sur cinq consomme du cannabis au Québec, et qu’au moins une personne consommatrice de cannabis sur cinq consomme quotidiennement.

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