Fermeture du Berlioz : une dernière soirée haute en émotions

En ce 31 octobre, la soirée de fermeture du Berlioz était dédiée à la traditionnelle soirée d’Halloween. (Photo : Mathieu Bisson)
L’émotion était au rendez-vous à l’occasion de la soirée de fermeture du Berlioz samedi dernier. Pour l’occasion, quelque 600 personnes ont afflué la mythique discothèque de la rue Saint-Dominique. Cependant, après tout près de 35 ans d’existence, la fin des activités de l’institution amène son lot de déception et d’incertitude pour de nombreux employés.
« Mes meilleures anecdotes, on ne peut pas nécessairement les raconter en public, mais c’est sûr que j’ai eu du plaisir en masse au Berlioz. » C’est avec un grand sourire que le barman et client fidèle, Jayden Larouche, a souhaité résumer son parcours de neuf ans au Berlioz.
Si son aventure professionnelle dans le milieu des bars se termine en même temps que celle de la discothèque, il a tout de même une pensée pour ses collègues pour qui la situation sera complètement différente. « La plupart des employés ici ont commencé leur carrière au Berlioz, donc, pour eux, c’est sûr que ça va être difficile de faire la transition vers un autre bar », explique-t-il avec compassion.

Jayden Larouche prévoit se déplacer vers Chicoutimi pour festoyer, maintenant que les options de bar sont davantage limitées à Jonquière. (Photo : Mathieu Bisson)
Pour Benoît, éclairagiste et DJ, il faudra rapidement se tourner vers de nouvelles avenues. « C’est triste. Ça fait une dizaine d’années que je travaille pour Le Berlioz. Je vais faire le tour des bars, il y en reste encore à Chicoutimi. Y’a pas beaucoup de solutions, peut-être vers de petits restaurants aussi. »
Des défis de plus en plus imposants
Ce n’est pas un secret, l’affluence dans les discothèques est en déclin à travers le Québec. Carl Brindle, DJ depuis 42 ans, a remarqué des changements drastiques au niveau des habitudes de sorties, particulièrement au Saguenay—Lac-Saint-Jean. « J’ai commencé à mixer sur la St-Do en 1984. Les bars viraient sept jours sur sept. Ce n’était pas comme aujourd’hui où c’est désert du dimanche au jeudi », constate-t-il en rajoutant qu’il croit que la pandémie a eu son rôle à jouer dans la sédentarité de nombreuses personnes de nos jours.

Autrefois, une dizaine de bars et discothèques envahissait la rue Saint-Dominique à Jonquière. (Photo : Mathieu Bisson)
Et à Jonquière, les options sont de plus en plus limitées pour les festoyeurs. « Il y a l’Envol ou encore l’Opéra, mais ce n’est pas un nightclub, les gens vont passer une petite soirée tranquille. Le Berlioz, c’était la dernière attache qu’on avait au niveau des discothèques à Jonquière », déplore Jayden Larouche. De son côté, Carl Brindle se désole également du nombre de tels établissements qu’il « peut compter sur les doigts d’une main » dans la région.
Rappelons que c’est un deuxième commerce qui ferme ses portes en quelques semaines sur la rue Saint-Dominique, alors que la microbrasserie la Voie Maltée a déménagé le 12 septembre dernier.






