Quand la fièvre des cartes de hockey s’invite au comptoir

La chaîne de restauration rapide Tim Hortons opère la vente de cartes de hockey en collaboration avec Upper Deck depuis la saison 2015-2016. (Photo : Mathieu Bisson)
Avec ses 34,4 millions de cartes individuelles produites cette année, soit presque une carte par Canadien, la chaîne Tim Hortons a véritablement percé le marché des cartes de hockey. Que ce soit par simple coup de marketing ou pour entretenir la passion de collectionner, le concept unique de commercialisation attire un réel bassin de passionnés année après année.
Achetez une boisson et obtenez un paquet de cartes pour un dollar, une formule gagnante, mais surtout une stratégie marketing bien pensée selon le propriétaire du magasin Cartomanie de Jonquière, François-Philippe Cayer. « Les gens vont anyways au Tim Hortons, ils n’ont pas besoin de se déplacer pour acheter des cartes ailleurs. Le concept est écœurant. »
À la sortie de la collection annuelle, les collectionneurs sont submergés d’une frénésie qui influence grandement le renouvellement de ces pièces de collection depuis 11 ans maintenant. « Les cartes Tim Hortons, c’est une courte durée seulement. Le monde sort de l’été, la saison de hockey vient de commencer. C’est vraiment la hype du début de saison, des nouveaux joueurs », raconte Roger Racine, collectionneur depuis 50 ans.
Coûtant 1,99 taxes en sus pour trois cartes, le prix d’achat d’un paquet de cartes est particulièrement alléchant, surtout dans le contexte inflationniste actuel. « Les cartes Tim Hortons, elles touchent toutes les couches de la société. Ce n’est pas tout le monde qui a le moyen de s’acheter des paquets à 10 ou 15 dollars », constate le collectionneur émérite.
Un marché d’investisseurs
En tant que propriétaire du Cartomanie depuis 32 ans, François-Philippe Cayer a remarqué une évolution marquée du profil des collectionneurs au fil des ans. Bien que les cartes Tim Hortons étaient originalement axées sur le plaisir de collectionner, M. Cayer évalue dorénavant le pourcentage de revendeurs à environ 50%. 
François-Philippe Cayer confirme que de nombreuses personnes collectionnent uniquement les cartes de hockey produites par Tim Hortons.
(Photo : Mathieu Bisson)
Un pourcentage surprenant sachant la rareté des cartes de valeur. « Il n’y a pas vraiment de cartes recrues, comme les [Upper Deck] Series One, par exemple. Ce qui est payant, ce sont les morceaux de chandails, les cartes signées, mais elles sont vraiment rares », explique-t-il, et pour cause, la probabilité de tirer une carte Piliers de puissance, valant approximativement 100 dollars, est de 1%. Malgré tout, de nombreuses cartes sont mises en vente sur le web, particulièrement sur Facebook Marketplace.

Certains adeptes tentent de compléter leur collection en achetant directement sur Facebook Marketplace ou eBay.
(Capture d’écran tirée de Facebook Marketplace)
Une manière de débuter
Même si générer un montant considérable avec ces cartes semble presque impossible, Roger Racine voit ici une belle façon pour les amateurs de découvrir le monde des cartes de hockey. « Les jeunes de sept, huit ou neuf ans, ils peuvent commencer avec ça. Quand ils vont commencer à travailler, ils vont fouiller dans leurs vieux souvenirs », commente-t-il avant d’admirer l’évolution du marché. « Dans mon temps, en 1976, il n’y avait pas de Facebook, on achetait dans les dépanneurs. Je ne savais même pas qu’il y avait des boutiques de cartes. Aujourd’hui, on en voit à cause des réseaux sociaux, c’est beaucoup plus pratique. »
Et pour un commerçant, la présence d’une telle collection accessible et bien ancrée dans l’esprit collectif présente son lot d’avantages. « Ça ajoute un produit supplémentaire, puis ça agrandit le bassin de collectionneurs. Après, les gens viennent ici pour acheter des plastiques protecteurs, des feuilles de cartable », poursuit le propriétaire du Cartomanie.






