Quand réparer un vélo électrique devient un casse-tête 

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La boutique Cycle Amadeus au Carré Davis propose un large inventaire de vélos à assistance électrique. Photo : felixaudet 

Le vélo électrique est omniprésent sur les pistes cyclables du Québec. Pourtant, son évolution rapide soulève certaines préoccupations liées à la durabilité et à la gestion des composantes. 

Félix Audet

Lorsque le propriétaire de la boutique Cycle Amadeus, Jean Simard, a commencé à réparer des vélos il y a 15 ans, le mot d’ordre était : un vélo pour une vie. Aujourd’hui, ils sont construits dans l’optique de durer environ trois ans. Le marché comprend désormais un grand nombre de modèles d’entrée de gamme, dont certaines composantes sont difficiles à remplacer. 

« Bienvenue dans un monde de marketing et de surconsommation », répond M. Simard lorsqu’on lui demande pourquoi il y a tant de vélos électriques sur les routes.  

Pour lui, contacter des compagnies détentrices de pièces est un casse-tête qui laisse souvent place à l’abandon. « L’ouverture d’un moteur ou d’une batterie appartenant à une compagnie internationale est extrêmement complexe. Les pièces sont difficiles d’accès et plusieurs de ces compagnies ne souhaitent pas que nous réparions leurs vélos. » Par conséquent, les clients peuvent attendre pendant des mois avant d’obtenir des nouvelles. 

Encadrer l’obsolescence 

Le terme précis pour décrire cette pratique, c’est l’obsolescence programmée. Une entreprise lance sur le marché un article conçu expressément pour avoir une durée de vie limitée. Pour la professeure au Département des sciences économiques et administratives à l’Université du Québec à Chicoutimi, Myriam Ertz, l’enjeu se situe au niveau de la production. « Il faut rendre les pièces détachées disponibles. Sinon, même si le consommateur veut allonger la durée de vie de son produit, il ne peut pas, dans les faits », explique-t-elle. 

Des dizaines de vidéos sur le sujet sont disponibles sur les réseaux sociaux, et les commentaires prouvent le mécontentement des gens face à l’impossibilité de réparer leur produit. Déjà en 2022, des mécaniciens de vélos ont rendu publique une pétition aux États-Unis pour demander aux fabricants de cesser la création de vélos d’entrée de gamme voués à briser, explique un article de Repair Together. 

Un problème connu depuis longtemps, mais qui n’est toujours pas réglé. 

Le gouvernement du Québec a toutefois mis en place un projet de loi pour contrer cette pratique qui encourage la surconsommation. « Dès l’étape du magasinage, les citoyens sauront si les pièces et les renseignements nécessaires pour réparer ou entretenir leurs biens sont disponibles et pourront faire un choix éclairé [lors de l’achat] », explique un communiqué du gouvernement publié le 5 octobre.

« Si on offre aux consommateurs des alternatives durables et qu’on leur donne la capacité de réparer facilement leurs produits avec des pièces détachées, ils peuvent prendre soin de leur produit », ajoute l’enseignante. 

Une approche locale pour réduire les problèmes. 

M. Simard, de son côté, n’a pas attendu l’entrée en vigueur de la loi 29 pour prendre en main la réparabilité de ses vélos. En visitant l’atelier dans le sous-sol du commerce, un monde de possibilités et de solutions se dessine : des imprimantes 3D, des batteries en cours de réparation et des vélos en conversion.

Les vélos électriques sont fabriqués à partir d’aluminium, contrairement aux vélos mécaniques, qui sont en acier, un matériau apprécié par les cyclistes. Photo : felixaudet

Les vélos électriques sont fabriqués à partir d’aluminium, contrairement aux vélos mécaniques, qui sont en acier, un matériau apprécié par les cyclistes. Photo : felixaudet

En plus de réparer, Cycle Amadeus transforme des vélos ordinaires en vélos électriques en y ajoutant une batterie externe qu’ils fabriquent eux-mêmes, et ce, depuis déjà de nombreuses années. Les batteries utilisent des cellules Samsung de grade A, pour leur fiabilité et leur longue autonomie. Le client peut donc apporter son vélo de la maison et le transformer en un engin à assistance électrique. 

« Vélo de montagne, vélo de route, fatbike, tout est possible. Un client peut le personnaliser en fonction de ses besoins, selon l’usage qu’il souhaite en faire », mentionne Jean Simard. 

De ce fait, cette transformation permet au cycliste de garder son vélo sans être forcé de s’en départir, et de réduire son empreinte carbone en limitant les déchets. 

 

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