L’incubateur agricole Solidar peine à recruter malgré des terres disponibles

Le Mouvement Desjardins a accordé un soutien financier de 100 000 $ à Solidar pour le projet d’incubateur. (Photo : Solidar)
Malgré des terres disponibles et un modèle pensé pour faciliter l’accès à l’agriculture, l’incubateur agricole Solidar peine à attirer de nouveaux projets. Quatre hectares sur dix sont toujours disponibles.
Depuis près de six ans, l’incubateur agricole Solidar, situé dans le rang St-Joseph à Saguenay, soutient le démarrage de projets agricoles en offrant un accès abordable à des terres et à des équipements partagés.
Né d’une collaboration entre plusieurs partenaires du milieu municipal, économique et agricole, le projet vise à faciliter le recrutement de la relève agricole.

Alexis St-Gelais fait partie des maraîchers qui occupent une parcelle de terrain. (Photo : Solidar)
Un projet qui sort des sentiers battus
Malgré un modèle innovant, l’organisme fait aujourd’hui face à un ralentissement du recrutement. « On sort des modèles traditionnels, on n’est pas dans de grosses fermes qui coûtent cher, on est dans le partage, dans l’entraide et dans l’abordabilité, on veut installer un vent de fraicheur dans le milieu», lance la directrice générale de Solidar, Nathalie Dubé.
L’objectif premier, c’est d’expérimenter, de structurer les mises en marché des agriculteurs et de développer leur entreprise avant de s’installer de façon autonome. « C’est le meilleur moyen de faire vivre de nouveaux projets », ajoute-elle.
Selon Mme Dubé, la difficulté d’accès à la terre demeure l’un des principaux freins à la relève agricole. Le prix élevé des terres et des équipements rend le démarrage d’un projet risqué, surtout pour les petits modèles agricoles.

François Thibeault, producteur d’ail, a démarré son entreprise sur ce site fermier. (Photo : Solidar)
Au-delà des enjeux financiers, l’organisme s’inquiète d’un désintérêt plus large envers l’agriculture, particulièrement chez les jeunes. L’intérêt pour le milieu agricole est perçu comme cyclique, ayant augmenté après la pandémie avec l’achat local, mais diminuant depuis.
Pour y répondre, Solidar souhaite développer davantage de projets d’éducation et d’entrepreneuriat jeunesse, notamment en collaboration avec les écoles.
« On veut se positionner comme un lieu de découverte de l’agriculture, même pour les gens sans lien familial avec le milieu », souligne Nathalie Dubé.





