« Sur la paroi, je suis aux anges » : ces ainés qui continuent de grimper

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Au Beta Crux de Chicoutimi, ancienne église transformée en salle d’escalade, quelques grimpeurs séniors peuvent compter sur des matelas, des conditions maîtrisées et de la jeune compagnie. Photo : Théo Laroche 

Qui a dit qu’il y avait un âge pour grimper ? « Sur la paroi, je suis aux anges », clame Jean-Luc Vanacker. À 75 ans, la soif de ce passionné d’escalade est loin d’être étanchée. Escalader âgé ? Pas si antinomique.

Et d’abord, pourquoi pas ? « Il n’y a pas de contre-indication ! J’ai vu un grimpeur de plus de 90 ans faire une longue voie. Bien évidemment je ne suis pas impressionné », assure Jean-Luc. Les plus de 50 ans ne représentent que 5 % des grimpeurs, selon le rapport Climbing Escalade Canada 2021. Toutefois, certains séniors sont des visages bien connus dans le milieu.

Charlie Lévesque travaille au Beta Crux de Chicoutimi. Dans cette ancienne église devenue salle d’escalade, il n’en aperçoit que rarement mais remarque qu’ « ils peuvent être meilleurs que certains jeunes qui commencent ». Comme quoi l’escalade n’est pas qu’une question de performance physique. « L’escalade s’est démocratisée ces dernières années, passant d’un sport élitiste à un sport qui peut se pratiquer comme loisir », analyse Louis-Philipe Pineault, président du Beta Crux.

Le challenge est pourtant là, surtout en extérieur. « La marche pour approcher une voie peut être un défi pour certains », explique Gabrielle Desbiens, présidente du club de montagne du Saguenay. Pas de quoi faire fuir les grimpeurs dans l’âge d’or. « Le plus souvent, on les croise en extérieur. Ils ne sont pas forcément habitués à la salle où il y a plus de sécurité, avec des matelas, des conditions maîtrisées », constate un jeune amateur. Des ainés qui ont le goût de la nature, avec ce qu’elle apporte. « La paroi, c’est mon havre de paix, ma liberté », confie Jean Luc Vanacker qui a habité à Kénogami de nombreuses années et a grimpé les falaises du Saguenay. Il a même contribué à l’ouverture d’une voie près du lac Kénogami.

« Plus qu’un sport »

L’escalade, ce n’est pas que la force, c’est aussi « le mental, le placement, la souplesse et l’expérience », poursuit Gabrielle Desbiens. Les années de pratique sont donc un avantage que seul l’âge peut apporter. Car les amateurs âgés sont rarement débutants. « Le monde de l’escalade est plutôt hermétique. En général, nos membres les plus âgés ont toujours grimpé », analyse Gabrielle Desbiens.

Et les plus jeunes le savent. « Il y a une vraie transmission de savoirs entre les générations. Les jeunes s’intéressent aux ainés, les respectent et cherchent leur expertise. En escalade, les ainés sont inspirants ! Grimper, c’est plus qu’un sport, c’est un art de vivre », vante Gabrielle Desbiens. Sport ou pas, quel est donc ce secret qui permet de pratiquer si longtemps ? « La jeunesse d’esprit, la volonté et surtout le plaisir du partage », répond Jean-Luc Vanacker, comme une évidence.

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