Les Anjeannois voguent entre optimisme et pessimisme

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Malgré les incendies qui ont marqué sa municipalité dans les derniers mois, le maire de L’Anse-Saint-Jean, Richard Perron, garde confiance en l’avenir. Photo : Cédric Bérubé 

Si le maire de L’Anse-Saint-Jean, Richard Perron, affiche son optimisme malgré les coups durs des dernières années pour sa municipalité, il en va autrement pour le propriétaire d’un commerce de chocolat. 

Les Anjeannois ont été bouleversés ces derniers mois, alors que plusieurs petits commerces et le chalet du Mont Édouard ont été la proie des flammes. Dans la foulée de ces événements, le maire de la municipalité, Richard Perron, affirme que les citoyens et les propriétaires ont bien réagi face à cette situation précaire:

« Ça a quand même bien été dans les circonstances. Ils sont résilients, ce n’est pas la première épreuve qu’ils [les citoyens] vivent ici à L’Anse. Nous sommes une communauté soudée, les employés des divers commerces s’entraident. Il n’y a donc pas de problèmes de main-d’œuvre dans nos commerces. » 

Cependant, le propriétaire de KAO Chocolat, David Landman, ne semble pas partager le même avis que le maire. Au bord de la faillite, il a éclaté de rire en entendant les propos du maire. « C’est tellement cave, nous sommes trois commerces qui s’apprêtent à fermer parce que l’économie ne va pas bien », réagit-il. 

Les citoyens sont aussi préoccupés par la situation des petits magasins. « Le fait que la crêperie est fermée en avant du quai, ça a été dur parce qu’elle faisait partie de la tournée que les touristes faisaient. Il y avait aussi la boutique Rebelle des Bois. Je suis un petit peu triste parce que c’étaient des incontournables », a mentionné un citoyen rencontré dans une épicerie du coin qui a préféré garder l’anonymat. 

« J’ai songé à quitter le coin pour me relocaliser dans un milieu plus favorable et plus rentable, mais le coût est trop élevé pour mes moyens », explique David Landman, en évoquant la précarité d’un commerce dans une petite municipalité.    

Besoin de soutien 

Les commerçants se fient aux périodes propices au tourisme pour faire des profits, mais les vacanciers ne sont pas présents toute l’année. « Je reçois du soutien, mais seulement moral. Regardez où on est, nous sommes dans un village perdu. Il y a quatre mois rentables par année, soit juillet, août, septembre et décembre. Heureusement que j’ai les Français, c’est 80% de ma clientèle. Les Québécois sont inexistants », déplore David Landman. 

La saison touristique étant terminée, les propriétaires de La Chasse-Pinte ont fermé leur porte pour la saison hivernale. Photo : Cédric Bérubé

Les commerçants de L’Anse-Saint-Jean sont victimes d’un manque de visibilité et d’un manque de publicité, en raison d’une structure municipale déficiente, soutient le propriétaire d’un chalet au Mont Édouard, Daniel Larouche. 

« Je pense que la Ville en fait assez, mais pas la MRC. La MRC doit faire un plan marketing, qu’ils prennent en main le tourisme avec un plan d’accueil. Quand tu arrives à L’Anse Saint-Jean, il n’y a pas beaucoup d’affichage. Les gens doivent se promener et trouver la petite pancarte cachée du commerçant. Les Français arrivent l’été et ne savent pas quoi faire une fois sur place. » 

La station de ski du Mont Édouard est « le moteur économique » de la région. Elle permet à la municipalité de 1200 habitants d’attirer les touristes internationaux et locaux. « Personnellement, je ne serais pas là s’il n’y avait pas de Mont Édouard », mentionne Daniel Larouche. Il affirme avoir à cœur les produits locaux. « Quand on a de la visite, on essaie de faire le tour de tous les commerces. Même les Français qui viennent l’été, je les envoie à la microbrasserie de la Chasse-Pinte et ensuite à d’autres commerces. » 

Selon David Landman, les locaux ne semblent pas voir la richesse et le potentiel qu’ils détiennent entre les mains. « Ce ne sont pas les locaux qui font vivre le village, ce sont les gens de l’extérieur, qui ont cru et ont vu la beauté de la place », ajoute-t-il. 

Voir autre article sur le même sujet: l’ appel à l’aide d’un commerçant 

 

 

 

 

 

 

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