La dure réalité des jeunes agents d’immeubles

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La compétition est grande au Saguenay—Lac-Saint-Jean avec les 161 courtiers que recense l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec. (Crédit photo : Kim Martin)

Kim Martin

« On a environ 10 acheteurs pour une maison », explique le jeune courtier chez Via Capitale, Simon Girard. Le monde de l’immobilier est présentement dominé par les vendeurs, ce qui désavantage les nouveaux agents d’immeubles. Un deuxième emploi et plusieurs heures de travail sont nécessaires pour assurer un revenu viable.

Simon Girard a commencé sa carrière de courtier il y a un an et il doit travailler dans le domaine de la restauration afin de subvenir à ses besoins financiers. Au total, il consacre environ 40 à 50 heures par semaine à sa vie professionnelle. Cependant, Simon Girard ne vend présentement aucune maison. Il travaille avec des acheteurs, chose qui n’est pas idéale dans un marché de vendeurs.

Simon Girard mentionne qu’avec la surenchère immobilière « c’est très difficile d’aller chercher des transactions ». (Crédit photo : Louis Chevalier)

« Les vendeurs, souvent ils vont avec les plus grosses équipes [d’agents immobiliers] qui ont déjà beaucoup de listings », explique la courtière Josée-Ann Jomphe qui exerce son métier depuis 2021 chez Sutton.

« Au début c’est difficile, tu travailles 40, 50, 60 heures semaine pendant des mois et tu n’as pas de paie avant 3-4 mois des fois », renchérit-elle. « Tu travailles, tu travailles, tu travailles, mais tu n’as pas d’argent qui rentre. »

« Je me rappelle, quand je suis entrée dans mon agence, ma directrice me faisait passer ma carte de crédit pour ci pour ça. Tes pancartes, ta première assurance, ton premier permis, ta bannière, tout ça. Ça n’arrêtait pas et j’avais fait 0 $.»»

« J’ai accouché et, 24 heures après, je traitais des dossiers », dévoile Josée-Ann Jomphe. « Je suis solo, donc si je ne travaille pas, je n’ai pas d’argent. » (Crédit photo : Kim Martin)

Effectivement, les agents d’immeubles, riches ou non, doivent débourser beaucoup d’argent de leurs poches pour pratiquer leur métier. Ils doivent payer leurs déplacements, leurs formations, leur permis de courtage immobilier à chaque année, les frais mensuels associés à l’adhésion de leur bannière, les nombreux coûts nécessaires pour faire partie de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec, et la liste continue… Josée-Ann Jomphe estime que 40 à 50% de son revenu annuel disparaît dans ce genre de dépenses.

« Les gens qu’on voit flasher avec des Porsche sur TikTok, ce n’est pas la majorité des courtiers », démystifie Simon Girard. « Souvent, c’est l’idée préconçue qu’on a parce qu’on est payé à la commission, on n’est pas payé salaire fixe. C’est sûr que si on [vend] une maison à 800 000 $, bien on fait plus d’argent que si on [vend] une maison à 200 000 $, mais la moyenne des maisons au Saguenay, ce n’est pas 800 000 $, c’est plus 350 000 $ », ajoute la courtière immobilière. « [Les gens] ne sont pas au courant des frais qu’on a [et] des concessions qu’on fait, autant familiales que dans ta vie personnelle. »

Beaucoup de courtiers qui débutent abandonnent

Simon Girard et Josée-Ann Jomphe relèvent que plusieurs agents d’immeubles changent de profession après leurs premières années sur le terrain. L’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec confirme que c’est lors des deux premières années de courtage qu’il y a le plus d’abandons.

Une agente d’immeuble témoigne

Une professionnelle du courtage, qui désire rester anonyme, a réduit sa clientèle à ses proches l’an dernier. Elle a maintenant un emploi stable et vend parfois des maisons pour son entourage.  Même si elle adore le courtage, elle est maintenant « contente qu’il rentre un salaire à toutes les deux semaines, ça fait longtemps que ça n’était pas arrivée. Ça fait du bien. »

Malgré les difficultés de ce travail, surtout en début de carrière, Simon Girard et Josée-Ann Jomphe affirment fièrement qu’ils chérissent leur métier.

« Le but c’est d’aider les gens à chaque jour », met de l’avant le courtier pour Via Capitale.

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