Pour Halloween, ce sont les pesticides qui font peur

Mères au front Saguenay avait déjà tenu une manifestation devant Rio Tinto, puis un autre en 2025 devant le ministère des Forêts. (Photo : Diego Pinto de Queiros)
Le samedi 31 octobre 2026, jour de l’Halloween, il n’y avait pas que les vampires, les clowns et les fantômes qui semaient la terreur. D’après Mères au front Saguenay, les pesticides ont aussi de quoi effrayer. Selon l’organisme, ces produits menaceraient autant notre environnement que notre santé.
Pour se faire entendre, le groupe a organisé un « die-in », une forme de manifestation où les participants s’étendent au sol pour simuler la mort.

Au Canada, il y a 121 pesticides considérés comme hautement dangereux qui sont interdits dans d’autres pays (comme l’Union européenne) (Photo : Diego Pinto de Queiros)
Pas seulement au Saguenay
De 10 h à 11 h, c’est une cinquantaine de personnes costumées, adultes et enfants confondus, qui se sont réunis place du Citoyen à Chicoutimi, manifestant leurs mécontentements concernant les pesticides. Saguenay n’était pas seule, d’autres « die-ins » se tenaient, en simultané dans plusieurs autres villes du Québec ainsi qu’en Ontario, à Ottawa.
Le jour de l’Halloween est un choix assumé. « L’Halloween, on aime ça se faire peur. On aime ça voir des monstres, on aime ça frissonner un peu. Mais on n’aime pas ça avoir peur pour vrai, et dans le fond, les pesticides, ça fait peur pour vrai », lance l’organisatrice Anne-Marie Chapleau, coordonnatrice de Mères au front Saguenay.

Le groupe local et des producteurs locaux ont répondu présent à l’appel de Vigilance OGM. (Photo : Diego Pinto de Queiros)
Deux lois à dénoncer
C’est l’organisatrice de Mères au front Saguenay, Anne-Marie Chapleau qui a démarré les festivités avec un discours dans lequel elle s’en est prise à la loi C-30, adaptée en juin 2026, qui permet au Conseil des ministres de réautoriser des pesticides interdits pour des raisons économiques. « Il n’y a aucune justification scientifique à cette réautorisation-là. La seule justification, c’est de faire plaisir aux compagnies qui aimeraient vendre ces produits-là », dénonce-t-elle.

Halloween pour illustrer la peur des pesticides sur notre santé (Photo : Diego Pinto de Queiros)
Le projet de loi C-31, lui, toujours à l’étude, mettrait quant à lui fin à la réévaluation obligatoire des pesticides tous les 15 ans. « 15 ans, c’est quand même un laps de temps assez long. Mais là, les compagnies n’aiment pas ça, elles voudraient que leurs autorisations soient éternelles, finalement ».
Le député péquiste de Jonquière, Jimmy Bouchard, récemment nommé adjoint parlementaire du ministre de l’Environnement, était d’ailleurs venu écouter. « Lorsqu’on a des citoyens qui ont des préoccupations, moi je me fais un devoir de toujours être là pour les écouter. » S’il rappelle que le dossier relève d’Ottawa, il ne cache pas sa position sur le fond : « Il faut surtout favoriser l’agriculture qui en utilise moins, voire même pas du tout ».

« MAPT, MAPT, arrête donc d’empoisonner ! » (Diego Pinto de Queiros)
Sensibilisé en participant
MAPT, le « monstre aux pesticides toxiques » est ensuite arrivé. Sur l’air d’une chanson reprise en chœur par la foule, le monstre a fait mine d’asperger de pesticides les manifestants. Un à un, les manifestants se sont effondrés sur le sol de la place, comme morts.


Une minute de silence comme un hommage à la mort de l’environnement (Photo : Diego Pinto de Queiros)
Des enfants ont ensuite tracé à la craie le contour des corps étendus, laissant sur la place une trace de l’impact de ces produits sur l’environnement.
« Si on met des pesticides partout après ça, on les consomme. Puis après ça, ça amène toutes sortes de maladies. » explique Émilie Simard, de l’éco-quartier du centre-ville de Chicoutimi.

Plusieurs pierres qui s’empilent et ça devient un message qui est effectivement entendu. Là, c’est comme une petite pierre qu’on a mise aujourd’hui. », selon une manifestante (Photo : Diego Pinto de Queiros)
Le rassemblement s’est terminé en chanson, sur des paroles de Diane Dufresne choisies pour l’occasion où l’on pouvait entendre « Faisons de la terre un grand jardin pour ceux qui viendront après nous ».
L’organisatrice ne cache pas sa satisfaction quant à l’affluence de cet événement. « On s’était dit si on est 10, on sera 10. […] Je penses qu’on était une cinquantaine. Alors, moi je dis bravo à toute la gang. » Elle invite aussi la population à signer la pétition (Pétition e-7742 – Pétitions), comptant déjà près de 20 000 signatures, pour faire bouger les choses.






